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La biodiversité levier de transformation

18/05/2026

Quels liens entre biodiversité, agriculture et insertion sociale ? Des initiatives comme Paysans de Nature, portées par la LPO Pays de la Loire ou Lil’Ô Halage sur l’Île-Saint-Denis démontrent que la protection de la nature peut servir de levier pour transformer les territoires. La LPO ne se contente pas de protéger les oiseaux : elle invente une nouvelle alliance entre les paysans et la biodiversité. Lil’Ô Halage ne se limite pas à réhabiliter une friche industrielle en un pôle d’activité écologique et citoyenne, elle réinsère des personnes éloignées de l’emploi. Zoom sur deux projets innovants.

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Deux projets, deux territoires et une conviction partagée : la biodiversité est un outil puissant de transformation sociale, économique et écologique.

 

L’initiative Paysans de Nature, initiée et animée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux en Pays de la Loire est née d’un constat. « Comment enrayer le déclin continu de la biodiversité ordinaire en milieu agricole ? Ce défi immense ne pouvait être relevé qu’avec les paysans. La surface agricole représente plus de 50 % de la surface du territoire français », explique Mickaël Potard, coordinateur régional. 

 

L’aventure débute en 2014. Un ancien salarié de l’association s’installe comme éleveur dans une ferme du Marais breton. Avec son soutien, il lance le projet Paysans de nature pour démontrer qu’une ferme peut être gérée comme une réserve naturelle, produire une alimentation de qualité grâce à l’agroécologie et assurer un revenu décent. « Les actions de restauration des milieux humides et de la biodiversité sont indirectement bénéfiques aux cultures et aux agriculteurs. Les haies, les mares, les grenouilles sont des atouts pour la fertilité des sols. », explique Muriel Oheix, déléguée territoriale GRDF Loire-Atlantique, marraine du projet.

 

© GRDF, Muriel Oheix

 

En Seine-Saint-Denis, l’association Halage, elle,“est née il y a 30 ans d’une double indignation : l’important taux de chômage et le cadre de vie dégradé sur le territoire de la Seine Saint Denis” explique Antoine Cantaloup, chargé de projet. “Sur l’Île Saint Denis, l’association réhabilite ainsi une ancienne friche industrielle polluée de 3,6 ha”. C’est le projet Lil’Ô, démonstrateur de la reconquête de la biodiversité. Pour y parvenir, l’association y développe des projets éco-innovants (compostage de déchets alimentaires, recréation de terre à partir de déchets urbains, ferme florale). Elle a aussi monté deux chantiers d’insertion en espaces verts et biodiversité, ainsi qu’un autre en horticulture urbaine, créant ainsi de l’emploi local.

 

Mathilde Bonneau, responsable territoriale, GRDF Client Territoires Ile-de-France et nouvelle marraine du projet, découvrait le site le 13 mai dernier. « Ce projet exemplaire à l’approche circulaire et locale participe pleinement à la transition écologique du territoire. Je souhaite contribuer à le faire connaître en interne et à l’externe, et à identifier les synergies ou coopérations possibles avec l’écosystème global de GRDF ». 

 

© Fondation GRDF

 

Semer la biodiversité, récolter du lien social

Ces deux initiatives s’inscrivent dans une démarche participative et citoyenne.

La LPO anime « le dialogue permanent avec la nature », un dialogue transversal entre les paysans, les naturalistes et les habitants du territoire, qui les épaulent dans la gestion et la valorisation de leur travail. “L’association vise parallèlement à inspirer et à favoriser l’installation d’autres paysans qui partagent cette vision », précise Mickaël Potard. Des actions de restauration écologique, des animations et sorties de découverte, des séminaires d’entreprises sont aussi régulièrement organisés au sein du réseau de fermes partenaires pour sensibiliser à la biodiversité et faire rayonner la démarche. Une vision citoyenne, pédagogique et systémique, soutenue par la fondation. « J’ai pu mesurer sur place ce travail de la LPO avec les fermes du territoire, c’est un enjeu très important auquel je souhaite apporter mon soutien », poursuit Muriel Oheix. Depuis 2021, plus de 200 paysans de nature ont ainsi rejoint le projet partout en France.

 

Sur Lil’Ô,  chaque activité est un support d’insertion professionnelle, de transmission, de pédagogie et de vulgarisation scientifique. “Un espace est dédié à notre centre de formation aux métiers du paysage, 1 200 m² de terrain pour la recherche scientifique, un accueil du grand public avec une guinguette”, développe Antoine Cantaloup. Sur ce site en pleine renaissance, on croise des salariés en insertion, des entrepreneurs, des habitants, des étudiants, des chercheurs …

 

La LPO et Lil’Ô Halage dessinent un nouveau modèle de transition grâce à la biodiversité, réinventant les paysages et les emplois de demain.